RÈGLE 01 / 06

Délivrabilité : domaines, authentification et chauffe des boîtes

Pour qu'un cold email arrive en boîte de réception, envoyez-le depuis un domaine secondaire, authentifié par SPF, DKIM et DMARC, et depuis des boîtes chauffées au moins deux semaines. Gardez ensuite un volume modéré par boîte et un taux de plaintes sous 0,1 %, la cible que Google fixe aux expéditeurs vers Gmail.

Pourquoi un domaine secondaire

Un domaine qui accumule les signalements et les rebonds perd sa réputation, et tout le courrier de l'entreprise risque alors de finir en indésirables, réponses aux clients comprises. Les guides de prospection en font la première précaution : un domaine proche du vôtre, de préférence avec un préfixe (essayez-votresociete.fr) plutôt qu'une autre extension, redirigé vers votre site pour qu'un prospect curieux tombe sur la bonne page.

Le sous-domaine (contact.votresociete.fr) coûte moins cher, mais sa réputation peut rejaillir sur le domaine principal. Ouvrez aussi les boîtes de prospection dans un compte de messagerie distinct de celui de l'entreprise : une adresse mise sur liste noire ne pèsera pas sur l'espace qui sert au quotidien.

SPF, DKIM et DMARC : ce que demandent les messageries

Ces trois enregistrements DNS prouvent que le message vient bien de vous. SPF liste les serveurs autorisés à envoyer pour le domaine, DKIM signe chaque message, DMARC indique au destinataire quoi faire si ces contrôles échouent et lui demande des rapports. Depuis février 2024, Gmail exige de tout expéditeur SPF ou DKIM, et un taux de spam sous 0,3 %. Au-delà d'environ 5 000 messages par jour vers des comptes Gmail, il faut SPF et DKIM, plus DMARC (p=none suffit), aligné sur le domaine de l'adresse d'envoi.

Yahoo pose les mêmes règles, et Outlook.com rejette depuis le 5 mai 2025 les messages non conformes des domaines qui dépassent 5 000 envois par jour. Ces exigences visent les boîtes grand public : Google précise qu'elles ne s'appliquent pas aux messages adressés à des comptes Google Workspace, fréquents chez vos prospects B2B. Les respecter partout reste la base la plus sûre.

Configurer sans se tromper

Publiez DMARC en p=none, lisez les rapports envoyés à l'adresse de la balise rua, puis passez en quarantine, puis en reject, quand tous vos services d'envoi sont reconnus. Pour DKIM, la norme impose une clé d'au moins 1024 bits et recommande 2048 bits ; si votre hébergeur DNS refuse un enregistrement aussi long, 1024 bits restent conformes. Pour SPF, gardez un seul enregistrement par domaine et moins de dix recherches DNS (include, a, mx) : au-delà, la norme prévoit une erreur.

La propagation d'un enregistrement DNS peut prendre jusqu'à 48 heures. Pour la configuration écran par écran, le guide SPF, DKIM et DMARC de Captely détaille chaque étape.

Chauffer les boîtes, puis doser le volume

Une boîte neuve qui envoie d'un coup des centaines de messages ressemble à un robot. La chauffe (warm-up) fait monter le volume par paliers, en échangeant des e-mails avec un réseau de boîtes saines : les guides demandent au moins deux semaines, souvent deux à trois, avant toute campagne automatisée, et une chauffe qui continue ensuite. Captely (module Anti-SPAM), Lemlist (lemwarm), Instantly et Smartlead la font automatiquement.

Après la chauffe, les repères publiés vont de 20 à 50 e-mails froids par jour et par boîte. Partez du bas de la fourchette, montez seulement si les plaintes et les rebonds restent bas, et ajoutez des boîtes plutôt que de charger les mêmes. Le simulateur calcule combien il vous en faut.

Le suivi des ouvertures, à couper

Le pixel qui compte les ouvertures est une image invisible chargée à l'ouverture du message. Le guide « Comprendre l'outbound » conseille de le désactiver : il pèse sur la délivrabilité et donne des chiffres faussés, d'autant qu'Apple Mail peut compter des ouvertures que personne n'a faites. La CNIL encadre aussi ces pixels depuis sa recommandation du 12 mars 2026 : elle vaut pour tous les destinataires, prospects compris, et ses exemptions de consentement ne visent que des messages liés à un service demandé.

Mesurez plutôt les réponses. Si vous suivez les clics, utilisez votre propre domaine de suivi plutôt que celui, partagé, de votre logiciel.

Règle d'or

Votre domaine principal porte vos échanges avec vos clients, vos fournisseurs et votre banque : il ne sert jamais à prospecter. Les campagnes partent d'un domaine secondaire, avec ses propres boîtes, authentifié et chauffé avant le premier envoi.

Pas à pas

  1. 1.Achetez un ou plusieurs domaines secondaires proches du vôtre et redirigez-les vers votre site.
  2. 2.Ouvrez les boîtes d'envoi dans un compte Google Workspace ou Microsoft 365 distinct de celui de l'entreprise, au nom de personnes réelles.
  3. 3.Publiez SPF, DKIM et DMARC (p=none), puis contrôlez-les avec un vérificateur en ligne.
  4. 4.Chauffez chaque boîte au moins deux semaines avant le premier envoi, et laissez la chauffe tourner ensuite.
  5. 5.Démarrez à 20 ou 30 e-mails froids par jour et par boîte, et suivez plaintes et rebonds chaque semaine.
  6. 6.Coupez le pixel d'ouverture ; pour les clics, utilisez un domaine de suivi personnalisé.

Enregistrements DNS à adapter

Type TXT, nom @ v=spf1 include:_spf.google.com ~all Type TXT, nom google._domainkey v=DKIM1; k=rsa; p=(clé publique fournie par votre console) Type TXT, nom _dmarc v=DMARC1; p=none; rua=mailto:[email protected]

Exemple pour des boîtes Google Workspace : votre fournisseur de messagerie donne ses propres valeurs SPF et la clé DKIM de votre domaine.

À faire, à éviter

À faire
  • Ajouter des boîtes et des domaines quand le volume monte.
  • Lire les rapports DMARC avant de passer en quarantine ou en reject.
  • Mesurer les réponses, les rebonds et les plaintes.
À éviter
  • Envoyer 500 e-mails par jour depuis une seule boîte.
  • Publier p=reject le premier jour, sans savoir quels services envoient pour vous.
  • Piloter vos campagnes au taux d'ouverture.

Contrôle avant envoi

  • Domaine secondaire acheté et redirigé vers le site principal
  • Boîtes ouvertes dans un compte distinct, au nom de personnes réelles
  • Un seul enregistrement SPF par domaine, moins de dix recherches DNS
  • DKIM actif, clé de 2048 bits si l'hébergeur DNS l'accepte
  • DMARC publié (p=none au départ), rapports reçus à l'adresse rua
  • Deux semaines de chauffe au moins avant le premier envoi
  • Taux de plaintes sous 0,1 %, jamais 0,3 %

Sources

Questions techniques

Les réponses courtes aux questions que pose cette page, avec leurs sources.

01
DÉLIVRABILITÉ

Les règles de Gmail s'appliquent-elles aux prospects équipés de Google Workspace ?

Non : Google précise que ses consignes pour les expéditeurs ne s'appliquent pas aux messages adressés à des comptes Google Workspace. Elles visent les comptes Gmail personnels, et celles d'Outlook les adresses hotmail.com, live.com et outlook.com.

Appliquez-les quand même : une partie de vos destinataires lit son courrier sur une boîte grand public, et un domaine sans SPF, DKIM ni DMARC n'a aucun moyen de prouver que vos messages viennent bien de vous.

02
CHAUFFE

Combien de temps faut-il chauffer une nouvelle boîte d'envoi ?

Au moins deux semaines avant la première campagne, souvent deux à trois selon les guides de prospection, jusqu'à quatre pour certains praticiens. La chauffe fait monter le volume par paliers, en échangeant des e-mails avec un réseau de boîtes saines.

Laissez-la tourner pendant les campagnes : elle entretient la réputation de la boîte. Captely, Lemlist, Instantly et Smartlead la font automatiquement.

03
DOMAINES

Faut-il un domaine secondaire ou un sous-domaine ?

Un domaine secondaire. Le sous-domaine (prospection.votresociete.fr) coûte moins cher, mais sa réputation peut rejaillir sur le domaine principal, prévient le guide « Comprendre l'outbound ». Un domaine proche du vôtre, avec un préfixe plutôt qu'une autre extension, isole mieux vos campagnes.